dimanche 27 novembre 2016

Pascal Comelade @ Maison de la Poésie

Qui fulgura

Entrées à trois dernière minute. On s'avoue: la grande première. Il y aurait lieu de dire ce que comportent de honte les premiers pas dans une institution culturelle. On se contentera de mentionner le bonheur d'une coprésence arrachée aux rouages du temps de la ville du néant. Le nom maintes fois entendu, tous les détours. Le tarif raisonnable. La suspension et la musique. La musique de l'une d'entre nous, qu'on n'avait pas entendu la veille. La musique que l'autre balbutie avec gloutonnerie le lundi soir. La musique qui pour Comelade on l'apprendra n'advient que quand elle advient. 

D'emblée le corps Comelade se dodeline sur tabouret devant claviers. Deux hommes à ses côtés. Trois paires de jeans. Deux noirs, un bleu. Tous slims. Trois paires de bottes. Deux cuirs, une daim. Toutes rock. Batterie subtile. Ukulélé, guitare, arrosoir, tasse. Câbles et ampli. Oui musac musette reprise instru. Rien n'est dit. On reconnait vaguement l'onde du tube quelque part. Rythme et notes parfois collés. Parfois ça crache, ça hurle. Tension extrême des intestins. Les rires les zygomatiques les respirations retenues puis explosées. Salle assise qui dit encore en veut encore connaît déjà apprécie comme on dégusterait du vin. Assez polie. 

Le jeu des speakers après. C'est qu'on parle d'un bouquin, d'entretiens. Le meneur de jeu plus à l'aise moins sensible. Pas bête mais pas là. Ne comprend pas dit beaucoup qu'on dit de vous un timide. Sauf que communiquer avec les mots tout en sachant leur mièvrerie. Quand underground et pop c'est pareil finalement, l'espace scénique. Le devant. Et la question du studio. Son piège. Parce que la musique ne se fait pas là. Enfin pas vraiment pas comme ça. L'engagement peut-être. Le plaisir surtout de la quête. Faire. Encore, toujours. Parler des écrits de Satie pour dire que ça ne suffit pas de dire son nom comme une belle étiquette mais donner envie tout de même de revenir à ça, le texte, la ligne qui se trace dans une histoire qui serait celle de la musique qu'on peut faire de nos jours. Les mains qui ponctuent le discours qui arrive par éclats. La belle humilité sincérité pause narcissique de l'artiste homme ours subtil. 

La musique reprend clôture. Rien de ce qu'on trouvera ensuite sur le net ne pourra rejouer un set qui s'est écrit à la balance qui ne se savait pas vraiment avant d'être qui fulgura. Oui. Parfois. 


Aucun commentaire: