lundi 12 septembre 2016

Karamazov - Castorf @ MC93

Et sur ses pointes

Au début trop de rêves. Voix Balibar, folie russe, passion Castorf. Boules d'hystérie fulgurantes. Au bout. Et puis toutes les heures. Les pastèques juteuses. Les peaux et les écrans. Les hurlements. La friche. Les fantômes. Tout ce qui, en somme, est attendu. Un certain grain. L'écho du fantasme Schaubühne mais à Paris, en région parisienne (à Bobigny, c'est encore mieux). Tout cela donc, et le café, les salades, le vin rouge à pas cher. Et les cigarettes qu'on peut fumer presque dans la salle. La fin de l'été dans un Biergarten mi-punk mi-snob. Mais pourquoi pas puisque après tout c'est agréable, ça met en jambes, ça prépare bien à ce repas sans queue ni tête dostoïevskien.

 Sauf que la saturation qui se veut luxuriance d'une meute lâchée dans la jungle un jour de pleine lune ressemble à l'excitation quand elle est voulue mais qu'elle n'est plus qu'acharnement pitoyable. Et encore, ça passerait. Exercice de style maîtrisé où rien n'explique les voix qui explosent dans nos tympans autrement que le délire mégalomane d'un groupe d'homme et de femmes trop longtemps coupés du monde. Avec Balibar en exergue. Balibar la belle, la forte, la rauque. Balibar la voulue. Qui elle aussi se retrouve relativement pitoyable, à demi-nue sous sa fourrure, chaîne sur les seins, pointes du diable bien formaté. Oui moi du classique j'en ai fait. C'est pour ça que la crasse me va si bien. 

Sinon évidemment langue allemande incroyable et la russe pire encore. Surtout quand la folie russe se déchaîne dans la piscine en petit bain chaise roulante style kawai. On comprend rien et pire encore on en redemande on adore ça. La cruauté de la folie du regard du désespoir des attentes familiales et sociales des prises en charges des responsables des désirs inavouables. Tout un corps qui exulte, celui de la troupe transfigurée par un texte par l'épuisement par la baguette terrible de Castorf qui quand même signe la fin de son règne. Qui a marqué, ça brûle encore. Fort.



Aucun commentaire: