mardi 10 octobre 2017

Va, Toto! @ Espace Saint Michel

Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai 

Creton on l'avait vu déjà coudre une photographie, fil blanc traçant trouant l'image. Il l'avait fait à l'écran, on s'était souvenus des Beaux Arts ou alors au moins des arts plastiques. Du contemporain. On se demandait et on se demande encore comment aborder la limite entre vie, posture, engagement, réalité du temps passé, paysage, territoire, personnes. Peut-être histoire de savoir à qui on accorde sa confiance, ou si on peut, si c'est possible ça, de n'être pas déçu. Il y avait eu plusieurs films, une forme d'excitation à se dire oui, trouvé pareil, alter: là. Existence tangible d'un être réel qui se pose des questions réelles de cinéma, de littérature, d'esthétique, d'humanité. Quelqu'un qui parle, me parle. Qui s'entend sûrement mais qui parle, qui ne s'écoute pas, ne se regarde pas. Quelqu'un qui aime et a foi, un minimum. Un homme dont les amis meurent. Une vie qui se donne.

Et puis Toto, avec un jeu sur le nom de la localité habitée qui rappelle, prononciation serrée, le nom d'un peintre du mouvement rocaille (coco) qui a emmené au moins deux fois ses toiles à Cythère. Tout ça pour dire les méandres. Et qu'il ne faut pas lire le synopsis, pas lire les interviews, pas hésiter mais voir. L'image en split screen qui fonctionne avec délicatesse, humour, suspens. La caméra DV qui capture toute l'ambivalence: ce qui nous lie, dont on ne se remet pas, que l'on ne sait nommer. Des habitudes très simples et puis le temps: rien n'évolue dans le geste, mais les ombres, au fil des saisons, tissent des histoires terribles. On ne sait jamais vraiment pourquoi le père claque sa fille ou bat son fils, on l'imagine. On le voit refuser ce qui est, et le temps de passer, imperturbable. Les singes dans ce film sont comme le temps: ils continuent de passer et nous font rire. Des singes et des chiens un marcassin et des hommes. Quelques femmes, quelques hommes, quelques fleurs et le règne animal. Aucune formulation distinguant la nature des êtres ne fonctionne: il n'y a que l'amour et la peur de mourir, de souffrir, d'être étouffé, de ne plus choisir. La peur des coups de feu, les cris des chasseurs, les lettres anonymes. Sensation très étrange: le murs portent moins qu'ils n'échangent. Les chats de se glisser partout, de parfois se laisser toucher. 

Pierre Creton nous parle de ses choix, ne les explique en rien mais les raconte. Nous les offre comme on déposerait une gerbe de fleurs bien vraies, odorantes, prêtes à moisir mais encore là une seconde, pour témoigner. On ne sait pas pourquoi le lait mais ça marche. Et ce qui marche le mieux peut-être, ce qui reste, ce sont ses corps sous voiles de velours ou de lin, ces corps qui sont vrais et qui ne sont plus jeunes à qui l'on offre un droit, une chance, comme celle d'enterrer ses peurs tant qu'il ne fait pas noir. Histoire d'amour, récit de paix.
 

Bande annonce "Va, Toto !", de Pierre Creton from JHR Films on Vimeo.

jeudi 4 mai 2017

Bajazet @ Vieux Colombier

Diffractions amoureuses

L'homme ouvre, la femme ferme. Paires. Le premier tremble pour sa vie et l'autre en meurt - mais pas pour lui. Il y a Podalydès tremblant, tranchant, violent. Là pas là sur scène dans un rôle qui lui colle à la peau, qui est dans sa peau jusqu'au salut final. On ne sait plus si le costume lui va, cousu sur lui, évocateur de relations complexes comme celles qu'entretiennent les mots de pouvoir et de frustration, de désir et de capitulation, ou s'il le fait, le forge sous nos yeux, pliant sous sa contrainte le corps de l'homme aux fonctions d'acteur et de Vizir aigri, en chant du signe. Il y a aussi ce dédale d'armoires aux formes rondes, sensuelles ou menaçantes selon l'intensité des halos blancs qui hantent le sérail racinien. Leur capacité, dans ces nuances du blafard, à se muer en spectres du contemporain. Les robes qui en sortent. Dispositif minimal d'ailleurs: armoires, robes et chaussures pour seul décor. Ce que ça nous dit des corps, très réels, qui se meuvent devant nous. Leur chair presque clinique. Les femmes qui arrivent, en voiles de beige, légères comme des nuages, pour évincer de leur bise un vizir engoncé, tout anthracite. Comme si ça commençait bien, comme si on pouvait oublier les orages dans l'oeil Podalydès.

Mais très vite: l'ivresse du pouvoir. L'amour qui est une rage comme les autres, un tyran aussi menaçant et impalpable que ce sultan virtuel, dont on n'aura que l'écho, les coulisses des coulisses, les racontars, pendant les deux heures que durent la pièce. Et l'amour, comme le Sultan, qui semble seul capable de tout, du pire comme du meilleur, ou en tout cas d'être un nom-prétexte qu'on pourrait brandir pour à peu près tout justifier. Monarchie absolue du coeur dans une Byzance dont on ne sait plus si elle existe ou s'il s'agit d'une poche abstraite d'existence, d'une marge au monde où les âmes s'usent d'ennui. Comme si le purgatoire était sur terre.

La Comédie Française en alexandrins, acmé du classique; quelque chose se joue qui est de l'ordre du miracle, à écouter ce flot jaillir plus fort, plus juste, plus vrai que n'importe quel débat électoral. Savoir que là, des corps se meuvent à quelques mètres de nos corps avachis, usés par une certaine forme de néant. Sentir palpiter cet veines à l'endroit très abstrait d'un pouvoir dont on ne sait que faire - Roxane pourrait mille fois tuer Bajazet, elle en a tous les droits, toutes les raisons, jusqu'à l'obligation. Elle sera terrassée avec lui par une force qui la dépasse, qui dépasse toute idée d'entendement: un vague esclave envoyé par ce Sultan virtuel qui ne daigne même pas se déplacer, qui ne pense qu'à évacuer ce qui l'encombre ou l'irrite de loin (peu importe qu'il s'agisse de son amour ou de son sang - pas plus vrai pour lui qui lui pour nous).

Et Atalide qui se tuant nous tue aussi, de tout son corps dont on n'aura jamais réussi à savoir s'il était gracile ou oppressant (ce qu'on pourrait dire également de Roxane tant la femme, matrice, est aussi ce spectre vampirique qu'on manipule et qu'on désire - Vizir et Sultan - ou que l'on craint, pour laquelle on tremble de tout son être - Bajazet). A la fin, ne restent que les armoires, témoins des soupirs de chacun, réceptacles de la mémoire, arme fatale


Bajazet au Vieux Colombier -  photo Vincent Pontet

mercredi 29 mars 2017

Navire night


du latin alabaster, du grec ancien αλάϐαστρος  qui désignait un vase sans anse
 une espèce de superlatif et un cliché moins commun que blanc, 
référence à la translucidité, laissant voir le réseau des veines en dessous,
ruisselant sous le jean sur les mollets: la pluie dans la pluie
mains liées et chant - terrain balisé de blanc, donc, et de rouge
un angle droit quand il faut tourner






Fédération: les signes sont des marques déposées
Problème devant la centrale de Paluel (au loin). 
Pas de chemin, nous marchons dans les blés puis dans le lin.
côte sauvage, superbes falaises, plages de galets, ports,
intérieur des terres cultivées, belles demeures, forêts de hêtres, pâtures
étapes et nombre de kilomètres ajustables aux capacité physiques de chacun
 

Deux fois de suite le pied trempé - d'abord par accumulation du ciel tombé
puis en filmant la mer qui s'est déchaînée. Quand le vent bat l'âme
l'océan a un cri qu'on peine à entendre qui prend peut-être naissance dans cette texture qu'ont les vagues ici: mousseuse, pleine, tout en enrobage
et ça gronde et les pierres se lissent et les corps se disloquent. L'autre est un tranchant
*
Un matin, huit autour d'une table: le calvaire du jugement dernier
(et puis finalement un train, un coup de soleil sur le nez, une migraine et des remous)






ça se compte en kilomètres, en jour, en argent, en images
et pour toujours une souche trempée, à nu, au milieu d'un chemin boueux
placée là pour nous pour que tu y poses ta main pour que tu arraches les fibres pour que sa mort de bois nous éblouisse.


dimanche 5 mars 2017

Crucifiction catalane @ MNAC

Identité nationale

Elle avait dit que le musée le prouverait et le saut du gothique à Gaudi était touchant.
Espaces immenses. Jamais plus de trois visiteurs par salle.
Une famille américaine bien chanceuse de voir par hasard Insurreccion.
A Paris les gens fourmis avaient passé des mois à se pousser devant cartels et oeuvres.
Là rien. Si ce n'est le cocasse rapport à l'exposition du MACBA qui avait lieu en même temps
et ne disait pas tout à fait la même chose.
J'avais déjà visité ce même musée. J'étais déjà tombée pour les mêmes oeuvres.
A une époque où je ne me donnais pas le droit.
Là si, absolument. Et c'était beau de le constater et de rire et de ne jamais savoir quel appareil sortir.
Lui manquait. L'interlocuteur. Certaines expériences sont trop extrêmes pour n'être pas partagées.
A qui dire quoi comment. L'art sacré et la commande.
Quelques jours plus tôt avoir appris. L'utopie anarchiste réalisée. 1937.
L'or de l'Espagne, les Amériques, l'agriculture et la fureur de vivre.
Une histoire de l'ordre de la révolution. L'Angleterre qui refusait que les catalans visitent les usines.
La copie comme menace (et toute pensée de la reproduction en question).
Aussi les flics catalans portent des masques. Comme des foulards noirs. Des voiles.
Mais sur le bas du visage parce que sur la tête c'est le béret et tout est noir. Les armes énormes.
Comme entre tous les bras d'hommes.
Frissons dans l'échine malgré la douceur de l'éclairage public des ruelles aux murs chauds.
Et tout ça parce que des punks hurlaient mort au roi. Ou à la royauté.
La nuance près.
L'importance relative parce que pour eux cruciale parce qu'inextricable.
Tandis qu'une tête française incapable de s'empêcher de penser aux réfugiés.
Tandis qu'une tête anglaise et la tendresse pour les têtes couronnées.



//Pictures home and hand made//

jeudi 8 décembre 2016

Bacalaureat @ Majestic Bastille

La revedere

On pourrait commencer par parler du Majestic découvert depuis peu à l'endroit où l'on pensait se diriger vers le Bastille. C'est-à-dire qu’on pourrait commencer par évoquer ces cinémas de la marge. Présents, absolument : vrai pas de porte, vrai guichet et vrais employés. Vrais fauteuils rouges, vrais écrans parfois un peu pétés, vrai public, vrais films. Mais cinémas qu’on ne voit jamais ou plutôt qui sont un de ces espaces accessibles à tous mais fréquentés par les passionnés, ou les perdus, les reclus, les fantômes des salles noires qui y vont pour dîner moins seuls, pour éprouver leur corps dans des respirations autres, pour savourer l’affaissement sombre de leur posture. Ça avait été Mademoiselle un dimanche soir terrible de fatigue pénible et solitaire. Et peu importe que le film soit concluant.

Là la Roumanie. Par l’intermédiaire d’une de ces amies sur lesquelles on peut compter pour faire tenir les choses du temps ensemble. Confrontation nécessaire à cette douleur innommable : que ce soit passé. Mais tout cela, en marge du film (quoique toujours ce qui se joue dans la relation au film : la marge, les échos lointains, intimes, hors de propos). La réalité du film qui ressemble à la réalité de la Roumanie mais qui s’accroche aux pupilles par des gestes simples comme celui d’éplucher une pomme (on sent la texture sous nos doigts propres, le jus qui pourrait apaiser nos langues, la fraicheur entre nos dents). Gestes qui en théorie d’ailleurs pourraient faire grincer ces mêmes dents mais qui à l’écran et tissés ainsi passent, marchent, percutent même. La Roumanie critiquée, la fraude. Le réseau. L’argent et les services et les liaisons. Ponctuation : la grande phrase. Les personnages qui sont réels tout à fait plausibles puisque les mêmes qu’une histoire connue et vue de près. Le cœur d’ailleurs se serrait à l’idée que finalement touchante. Mais la grande dalle de béton qui t’explose la gueule en ouverture : lumière tranchante. Le monde de l’aveugle est blanc, on l’a compris. Et les vitres qui se brisent, les silhouettes en suspens – le flou n’est que rarement un jeu. Chaque être insupportable, les principes et la vie qui ne tient pas à un foie mais à quelques polypes – non, finalement, une attaque cardiaque. Les responsables, les accidents. Et ces visages qui rappellent là encore comme souvent la peinture, la scultpure, l'archétype. Ce souvenir de la Roumanie qui revient: intersection. Tenir à l'endroit du croisement. Exister entre les flux. Folie slave, tragédie grecque, ruines permanentes. Fuir le vortex, absolument, jusqu'à se noyer dans l'idée même de la fuite. Qui n'est elle-même que le revers de la médaille des mères collantes qui veulent qu'on reste qui veulent suivre qui sont pompées, littéralement, qui sont gargantuesques et magnifiques. Ballet anthropophage splendide et subtil. 

Film amoureux de tout qui palpite, même en longueur, qui contamine. Quand est-ce que ça achoppe et qui s'occupe de quoi de qui? J'avorte quoi comment? Pleurons ensemble la mort du chien errant puis repartons. Qu'est-ce que ça change?


mardi 29 novembre 2016

Gorge, coeur, ventre @ Mk2 Beaubourg

“it's the proper morning to fly into Hell.”
Arthur Miller, The Crucible 

Il y avait Pasolini pour le titre qui quand on regarde le synopsis rappelle Deleuze et son pitié pour la viande qu'on aurait peut-être trouvé trop vu, revu, mais qui fait qu'on n'a de cesse de penser gorge coeur viande ce qui marche aussi et donne une vague idée de la peinture. Comme ça on sait déjà: le film s'adresse et/ou vient à nous, de nous. Bien que ce nous soit délicat à définir (mais disons nous, les personnes qui ne mettraient pas on et nous dans un même paragraphe sans avoir immédiatement tout un corps, professoral, en nausée). Il y avait aussi toi loin, ce qui joue dans l'investissement et dans la violence de la chute. La trahison accentuée par les kilomètres entre nous (qui se résume ici, mathématique, à toi-moi). 

J'aurais voulu. Même quand j'ai lu l'interview par Thiellement qui bien qu'il soit comme engoncé dans ce costume de pape yoga pop a un jour pondu ça: La viande qui vient. J'aurais voulu vraiment. Parce que ça aurait pu, on aurait pu sortir du bien pensant bien filmé bien tout et savoir ensemble tenir les fils de Beckett et Kafka et pourquoi pas de Dante. Sans compter toute cette esthétique à présent récurrente de l'art contemporain au cinéma, celle qui ne rechigne pas à aller du chantier au conte de fée comme ça, en rebondissant sur tout. On aurait pu ne pas se sentir con. La question n'est pas tant ici de savoir s'il est tolérable de regarder l'animal se muer en viande, ça ne l'est pas. Pourtant la beauté des corps bêtes dans la nuit nous envoûte et nous met à petite distance (c'est-à-dire nous installent dans un canapé de velours rouge face aux toiles de Rembrandt). Mais les seuls dialogues, idiots. Condescendants. Pour tout ce que le métier de bouvier a de réel. Et ces dialogues, rien ne peut les justifier. Ils sont indécents. Vulgaires. Toi aussi tu fais les cauchemars la nuit? Et ta mère?

Oui la figure du chien, de l'animal domestique. Celui avec lequel les rapports sont assez intimes pour qu'on partage gamelle et pensées mais à la limite un peu trop. Ça me gêne la nudité. Couvre toi. D'où la caméra qui se plie qui se penche et donne à voir ce regard là. Qui juge sans juger mais qui sent beaucoup, littéralement, tous les enjeux de cet abattoir-enfer. Qui n'a pas été mué en acteur à l'inverse de son maître qui est aussi un homme qui se retrouve à vivre ce que c'est de jouer au bouvier avec des animaux qui meurent pour de vrai, pleurent pour de vrai, enfantent pour de vrai. Et tout cela, absolument génial. Mais à quoi bon? A part à accentuer la ligne de démarcation entre ceux qui savent l'horreur, qui comprennent, qui mesurent, et tous les autres aveuglés par ce que le monde a de monde et qui, les pauvres, bien malgré eux, vivent en terre de fiction de masse, mangent de la viande, travaillent, marchent et dorment dans les rouages du système. A part donc à élever plus encore ce trépied sur lequel la jolie classe dominante regarde pleine d'empathie son prochain, de moins en moins humain, de plus en plus fourmi. Comment pardonner un geste qui conserve cette distinction dans le formol puant d'une intelligentsia qui se dit sensible mais qui reste clinique? 






dimanche 27 novembre 2016

Pascal Comelade @ Maison de la Poésie

Qui fulgura

Entrées à trois dernière minute. On s'avoue: la grande première. Il y aurait lieu de dire ce que comportent de honte les premiers pas dans une institution culturelle. On se contentera de mentionner le bonheur d'une coprésence arrachée aux rouages du temps de la ville du néant. Le nom maintes fois entendu, tous les détours. Le tarif raisonnable. La suspension et la musique. La musique de l'une d'entre nous, qu'on n'avait pas entendu la veille. La musique que l'autre balbutie avec gloutonnerie le lundi soir. La musique qui pour Comelade on l'apprendra n'advient que quand elle advient. 

D'emblée le corps Comelade se dodeline sur tabouret devant claviers. Deux hommes à ses côtés. Trois paires de jeans. Deux noirs, un bleu. Tous slims. Trois paires de bottes. Deux cuirs, une daim. Toutes rock. Batterie subtile. Ukulélé, guitare, arrosoir, tasse. Câbles et ampli. Oui musac musette reprise instru. Rien n'est dit. On reconnait vaguement l'onde du tube quelque part. Rythme et notes parfois collés. Parfois ça crache, ça hurle. Tension extrême des intestins. Les rires les zygomatiques les respirations retenues puis explosées. Salle assise qui dit encore en veut encore connaît déjà apprécie comme on dégusterait du vin. Assez polie. 

Le jeu des speakers après. C'est qu'on parle d'un bouquin, d'entretiens. Le meneur de jeu plus à l'aise moins sensible. Pas bête mais pas là. Ne comprend pas dit beaucoup qu'on dit de vous un timide. Sauf que communiquer avec les mots tout en sachant leur mièvrerie. Quand underground et pop c'est pareil finalement, l'espace scénique. Le devant. Et la question du studio. Son piège. Parce que la musique ne se fait pas là. Enfin pas vraiment pas comme ça. L'engagement peut-être. Le plaisir surtout de la quête. Faire. Encore, toujours. Parler des écrits de Satie pour dire que ça ne suffit pas de dire son nom comme une belle étiquette mais donner envie tout de même de revenir à ça, le texte, la ligne qui se trace dans une histoire qui serait celle de la musique qu'on peut faire de nos jours. Les mains qui ponctuent le discours qui arrive par éclats. La belle humilité sincérité pause narcissique de l'artiste homme ours subtil. 

La musique reprend clôture. Rien de ce qu'on trouvera ensuite sur le net ne pourra rejouer un set qui s'est écrit à la balance qui ne se savait pas vraiment avant d'être qui fulgura. Oui. Parfois.